Le grand marais

Le grand marais

 

Le Grand Marais avait été donné vers la fin du 16ème siècle pour les pauvres par Mme de Lestonnac, baronne de Montferrand afin de les aider à vivre de la chasse, de la pêche, de tirer parti des avantages offerts par la flore et la faune du marais. Ambès dépendait alors de la seigneurie de Lansac.
Mais ces marais mal entretenus s'écoulaient mal. Louis XIV en demanda le dessèchement par une déclaration du 11 décembre 1653 "comme servant considérablement à la décoration de son Royaume, à la santé de ceux qui habitent les environs des dits marais inondés, et à l'avantage général de tous ses sujets."

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Un contrat fut passé par la Communauté, en 1656, avec un sieur Labatut qui se chargea du dessèchement en faisant tenir en bon état les jales, fossés, écluses et canaux nécessaires pour l'écoulement des eaux. En contrepartie on lui attribuait les terres cultivables enclavées au centre du marais. Au 18ème siècle, cet entretien étant négligé, des fossés se comblèrent et les eaux croupissaient .

En 1766, des clauses furent imposées aux dessécheurs stipulant entr'autres que "comme autrefois, un homme gagé par les propriétaires circulera avec un bac sur la grande jalle afin d'enlever les herbes et les vases....Les fossés que les propriétaires feront faire pour la séparation de leurs héritages ou barrails devront avoir une largeur de huit pieds entre les berges et cinq de profondeur... Les jalles ou esteys seront entretenues en bon état, les empellages bien faits et fermant bien... Il sera expressément défendu de mettre ni faire pourrir ou rouïr les lins, chanvre et autre chose qui empoisonneraient l'eau et par conséquent le bétail, à peine de 60 livres d'amende.....Il sera défendu d'aller pêcher ni brouiller l'eau, à peine de 12 livres d'amende la première fois, 50 livres la seconde et d'être poursuivi en cas de récidive.. Il sera établi deux gardes, un au bout du chemin de la vie et l'autre devant le chemin du roi qui aboutit sur le chemin d'Ambès , en sorte qu'il y aura de belles entrées dans le communal avec un garde à chaque entrée, auxquels on fera bâtir une chambre afin que les Marais et le bétail qui y sera enfermé soient en sûreté. Chaque bétail que les propriétaires y enverront pendant le mois d'avril mai et juin , payera en entrant, par tête de boeuf, vache, cheval ou jument, 20 sols par mois et par tête de brebis ou mouton, 4 sols".
Un arrêté préfectoral du 10 juin 1912 ordonnait le curage des jalles et fossés " à vieux fonds et à vieux bords" au moins une fois par an.

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La presqu'île en 1762 d'après une carte de Belleym Le grand marais avec ses fossés, ses tonnes en décembre 1999

Le grand marais s'étend sur une superficie d'environ 296 hectares. La partie la plus profonde, proche de Gérême sur St Louis de Montferrand a pour nom : "La Profondène" et la partie la plus haute sur St Vincent de Paul est "les Afferues". Il est géré par un syndicat intercommunal où Ambarès, Bassens, Ste Eulalie, Carbon Blanc et Yvrac ont gardé des droits et des devoirs (en tout : sept communes.) Le Petit Marais couvre environ 190 hectares sur St Vincent de Paul. Les anciens terrains du sieur Labatut appartiennent à plusieurs propriétaires qui forment le syndicat des dessécheurs. Ces vastes étendues, très utiles pour l'équilibre écologique, sont donc occupées non seulement par les dessécheurs mais aussi par les éleveurs qui ont besoin de prairies toujours vertes et par les chasseurs à la tonne dans les parties basses. Dans ces lieux humides vivent des sangsues. Des femmes allaient en recueillir pour les vendre aux pharmaciens. A Ambarès on les surnommait "les bas rouges" car elles avaient les jambes marquées par les petites morsures. Elles entraient dans le marais jambes nues et au moindre picotement, saisissaient ces précieux vers de couleur vert foncé, avant qu'ils ne s'accrochent comme aux pattes des animaux. Au 19e siècle , le baron de Bastard louait ses marais de Peychaud aux éleveurs qui y mettaient des chevaux de réforme sur lesquels les sangsues venaient s'agglutiner. Des familles ont continué cette pratique après la guerre de 1939-1945. Les sangsues étaient utilisées, jusque vers 1960, contre les forts hématomes et dans les cas de congestion; on les posait sur la meurtrissure ou derrière l'oreille pour les congestions cérébrales et, accrochées par leur trois petites mâchoires et leur bouche en forme de ventouse, elles suçaient le sang jusqu'à ce que, repues, elles tombent d'elles -mêmes. On les remettait alors dans l'eau de leur bocal jusqu'à la séance suivante et, une fois le soulagement obtenu, on les rapportait au pharmacien. La médecine pratique actuellement d'autres méthodes; cependant certains scientifiques ont découvert qu'elles sécrètent des enzymes anticoagulants d'un effet supérieur aux anticoagulants connus, et un anesthésique local qui rend leur morsure indolore. Quelques chirurgiens et laboratoires commenceraient à s'y intéresser.

 

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